12.10.2009

en souvenance d'A harendt

En souvenance de A harendt :

A. harendt énonce le mal comme étant avant tout celui que l’on fait à l’autre. Ça n’est pas un manquement au sentiment intérieur ou à la loi morale. Cela concerne un acte posé dans un espace public, se confrontant à l'acte de l'autre. Le mal ne peut émerger que dans un système totalitaire, niant liberté et libre choix individuel. Ce système peut être mis en place de façon politique ou en plaçant un cadre de références religieuses autour de la détresse d'un être humain. Evoquant "la banalité du mal" Hannah  Arendt remarque que le mal pour s'exprimer requiert toujours l'absence de nécessité humaine de la part de ceux qui le servent et qui structurent l'humain uniquement dans sa dimension biologique. A ce point s'articule fanatisme et refus de la singularité de chacun, à commencer par la sienne propre pour celui qui se place dans jugement simili éthique ou religieux. Ainsi A Harendt évoque le nazisme dans cet orientation qui consistait à dépolitiser l'humain et à délimiter une "espèce animale humaine". Alors ceux qui étaient victime de cela faisait l'expérience de la "désolation", un religieux dirait déréliction. Dans la sphère religieuse cela consiste à remplacer la conscience par la surconscience de la culpabilité en profitant de la béance laissé par l'angoisse d'un acte posé passé et douloureux car mettant l'être en contact avec sa caractéristique principale : la temporalité et l'absence de domination biologique sur la pensée ou le comportement social. L'individu ainsi isolé dans sa souffrance est demandeur de salut et renie son être vif, sombre et profond, menaçant pour une foi aliénante rassurante ou abrutissante. Le religieux va évoquer le devoir de mission afin de renforcer le groupe par un sentiment d'isolement et de menace perpétuelle. L'autre n'est pas différent, source d'inspiration, il est pêcheur, éloigné de son Père qui le cherche afin de lui accorder la réconciliation. " l'homme politique " de A harendt" est alors détruit sous prétexte de le faire devenir un être de religion, relié à ses frères par la faute, le pardon et le salut : victoire sur la mort,  dans une communion rituelle nommé mystère ou sacrement afin d'en empêcher toute analyse intellectuelle ou rationnelle.En effet, tout devient affaire de foi. Et cela ne peut être discuté si cela n'a pas été expérimenté car cela est d'ordre surnaturel. Aspirant à parler d'animalité et d'instinct fautif, le religieux parle d'amour et de joie qui ne peuvent être connus que dans la relation au Père. Cette relation mettra fin à toute angoisse, c'est à dire à toute conscience de soi-même-être au monde. Celui qui se convertit n'appartient plus au monde, ne s'appartient même plus. Car il a été choisi, élu. Il doit réaliser qu'il appartient dorénavant au Père. Il n'a plus le choix, car en effet il ne connaît pas le bien et le mal, ne peut en décider lui-même car il est humain. D'humain ordinaire, le converti devient soumis en toutes choses à la loi absolue du Père. Cela lui nie lucidité possible et pensée autonome, il redevient un enfant heteronome. Le religieux moraliste explique que l'autonomie consiste dans la soumission à la loi du Père qui est le bien absolu et définitif. L'impératif moral s'il est une nécessité devient alors travesti et le religieux évoque "la culture de mort" dés qu'il est confronté à l'agir du groupe qui lui affirme sa différence et tente de l'interpeller. Le bien, l'amour, servent au moraliste religieux de préambule à toute interrogation, et le bien dit-il ne peut être défini humainement, il est révélé par le Père. Cela est une perversion totale. (*) Chaque acte posé pour détruire l'autre l'étant dorénavant pour son bien que ce dernier ignore puisqu'il est pêcheur et éloigné de son Père bienveillant.
« agissez de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de vos actes, les approuverait » disaient les cadres nazis. De même, ( sans les qualifier de tels), nous entendons les cadres religieux de certains groupuscules dire : "« agissez de telle manière que le Père, qui sait tout, a connaissance de vos actes, et les approuve car vous faites cela par amour pour lui, et non pour vous.» "dans le secret". Le problème est qu'ils s'auto-autorisent à divulguer la volonté du Père, que "nul ne connaît" disent il eux_mêmes ! Le religieux exige la diffusion de La révélation et dans le même temps exige le secret de ses pratiques afin d'éviter le soupçon d'un regard critique. Car dit-il l'"Ennemi" profiterait de cette faiblesse de la raison pour affaiblir sa "foi".

Le religieux oublie juste de préciser que tout cela n'existe que si à l'être angoissé et assoiffé d'amour ou de paix on a donné à penser que sa souffrance est due à cette faute, l'éloignant du Père et de ses frères. Il est isolé dans sa souffrance hors du commun, donc la réconciliation va le porter aussi hors du commun, mais cette fois ci dans la "Vérité" ! Obscurantisme sectaire et destructeur . . .
Certes, « il eut été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre » écrit Harendt. Pourtant, beaucoup comme lui, lui ressemblaient « ni pervers, ni sadiques ». Ces gens étaient « effroyablement normaux ».
L'être de foi ne saurait être religieux car il est, mais vraiment, sans besoin de coaching pervers, un être hors du commun que nul ne peut désigner, surtout pas un employé de la religion. Cet employé, de nombreuses morts lui sont redevables du bûcher. Cela ne fait même pas un siècle que le peuple a accés aux évangiles, par exemple. Les temps changent, le religieux s'intéresse et pratique maintenant des techniques de manipulation modernes car il est nécessaire pour lui d'avoir à sa disposition un bouc-émissaire, une victime, qui le dispense de devenir conscient et lui permet  d'accéder au pouvoir et de détruire la volonté de conscience. La dame de bienfaisance n'existe plus, remplacée par le coach de l'épanouissement du bonheur spirituel. “Eli Eli lama sabachtani?” Amen.

(*) entendu au cour d'une homélie par un "religieux" : "...car la vierge était un homme, puisque père du Père, et si vous ne croyez pas cela, réclamez à votre Père la foi..." Difficile de faire plus dans le double-mind exponentiel !
Entendu aussi : ... "l'artiste a un devoir "d'évangélisation""... difficile de faire plus intrusif et persécuteur !

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